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GROTTE CHAUVET - PONT d'ARC

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DÉCOUVERTE de la GROTTE : HISTORIQUE
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Détails livret Inventeurs

Textes et Photos d'Eliette Brunel, Jean-Marie Chauvet et Christian Hillaire

72 pages, format 16,5 x 16,5 cm, 80 photos - 15€
En vente en librairie et éditions ÉQUINOXE

prospectus Livre



Détails livret Inventeurs


Textes et Photos d'Eliette Brunel, Jean-Marie Chauvet et Christian Hillaire
240 pages, format 30 X 30 cm, plus de 500 photos et plans
couverture rigide 49 €, couverture souple 39 €
En vente en librairie et éditions ÉQUINOXE

prospectus Beau livre


Historique de la découverte de la grotte Chauvet
et autres grottes adjacentes

Extraits du livre de la découverte par les inventeurs : Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire
Copyright Brunel/Chauvet /Hillaire 2014

Découvertes autour de la future grotte Chauvet

Au cours des années 1993-1994 nous, Jean-Marie, Eliette et Christian, avons tous les trois particulièrement fréquenté le cirque d’Estre, ce méandre qui contourne le Pont d’Arc – et où est située la grotte Chauvet, alors inconnue de tous.

(…)

Passant d’une vire à l’autre avec des cordes, nous avons fait dans les falaises, à cette époque, plusieurs découvertes de représentations pariétales inédites, dans des grottes voisines de celle que nous allions découvrir plus tard, la « grotte Chauvet ». Sans savoir ce qu’il y avait derrière, nous avions déjà inspecté le « petit abri » qui deviendra le vestibule d’entrée à la grotte Chauvet.

Après la découverte de la grotte Chauvet, nombre de personnes se sont signalées comme le connaissant : spéléologues, ancien maquisard, chasseurs, et même un spéléo malheureusement décédé aujourd’hui nous avait confié en souriant y avoir passé avec sa femme leur nuit de noce, il y a plus de 30 ans. …

(…)

Parmi nos découvertes de fin 1993 il y eut notamment une Vénus dans la « grotte du Planchard » toute proche, œuvre que nous avons immédiatement portée à la connaissance de la DRAC Rhône-Alpes, et qui fut qualifiée de pièce importante dans la symbolique des grottes ornées par le professeur Gerhard Bosinski, expert mondial en représentation féminine paléolithique. Dessinée à l’ocre rouge, cette peinture d’environ 20 cm de hauteur avait été l’un des temps forts de nos pérégrinations spéléologiques dans ce secteur.

Quelques mois plus tard début 1994, nous avons repéré des tracés digitaux calcités dans la « bergerie de Charmasson » voisine. Ils furent eux aussi déclarés à la DRAC, mais n’éveillèrent alors qu’un intérêt secondaire.

Après la découverte de la grotte Chauvet en décembre 1994, ces deux cavités prirent toute leur importance, les trois grottes n’étant éloignées les unes des autres que de quelques dizaines de mètres.

Dans un mouchoir de poche, les 3 grottes : Chauvet, Planchard et Charmasson. Vue depuis la plateforme de Chauvet.


De cette époque datent également la localisation dans les plus hautes vires sous le plateau, d’une marelle gravée à l’entrée de la « grotte de la Vacheresse », ainsi que des gravures de mammouths, beaucoup plus anciennes, que nous avons repérées dans les microfissures de la première salle.

…………………………..

… Bref ! Pour en revenir au 18 décembre 1994, Jean-Marie menace de faire équipe seul si personne ne veut le suivre.

Après tout, le secteur est particulièrement agréable en plein hiver, exposé au soleil et à l’abri du vent.

Nous quittons le parking du Pont d’Arc en début d’après-midi avant de nous engouffrer à l’abri du sentier boisé qui remonte le long de la pente. La vue est belle, le temps agréable. Nous franchissons en soufflant les cent mètres de dénivelé qui nous amènent au pied de la falaise rocheuse, revisitant au passage plusieurs grottes complètement sèches. Nous ne nous y attardons pas, car Jean-Marie insiste pour une ultime visite à un « petit abri », que nous connaissons encore plus haut sous la falaise.



Au printemps de la même année, alors que nous nous trouvions dans les parages avec d’autres amis spéléo, Sylvane Lucot, Michel Rosa dit « Baba » et Didier Lanthelme, après leur avoir dévoilé au passage nos découvertes de représentations pariétales des mois précédents dans les grottes de « Charmasson » et du « Planchard », nous nous étions une fois de plus arrêtés dans cet « abri ». Et comme dans les grottes précédentes, nous en avions alors re-visité tous les recoins, à l’affût du moindre courant d’air, jusqu’à en localiser un et tenter ensemble de dégager un passage, espérant comme chaque fois le miracle…

Hélas cette fois encore, au bout d’une heure ou deux infructueuses, le moral des troupes baissant, nous l’avions classé sans suite : sans doute simple « passe traou » qui devait ressortir quelques mètres plus loin en falaise.

… Un courant d’air ne restant qu’un courant d’air, autant dire du vent… ce courant d’air-là ne faisait donc pas l’unanimité. « Des courants d’air comme celui-là, on en connaît plein les gorges… on va pas y passer la journée… » ajouta Baba (Michel Rosa).

… Ce n’était effectivement qu’un courant d’air de plus sur notre longue liste et à trois heures de l’après-midi nous avions décidé d’abandonner ce « trou » et d’aller voir ailleurs.

Pendant que Didier et Baba continuaient leur « virée » vers le plateau, le reste de l’équipe reprenait la descente pour explorer une autre entrée (porche d’où nous ressortirons couverts de puces… les dangers de la spéléologie étant de degrés variables !).

(…)

Ce 18 décembre tous les trois, Jean-Marie, Eliette et Christian, nous voici sur place. Visiblement rien n’a bougé depuis notre passage au printemps et l’aspect est toujours aussi peu engageant. Nous brûlons un serpentin à moustiques à l’entrée du conduit… et la fumée se couche vers nous. Elle nous confirme qu’un léger courant d’air filtre bien à travers les cailloutis, ce qui nous incite à nous lancer activement dans des travaux de déblaiement. Et tant pis pour nous s'il ne s'agit au final que d'un simple « passe traou » ! Nous en avons aussi l’habitude.

(…)

Sans perdre de temps, l’un relayant l’autre, centimètre par centimètre, nous nous frayons un étroit passage. Pour progresser dans ce tuyau, une seule solution : s’allonger, la massette dans une main, le poinçon dans l’autre, les bras en avant bien dans l’axe du conduit (sinon on ne passe pas) et surtout, position indélicate, la tête en bas et au bout de quelques minutes la lampe frontale de travers.

Lorsque celui qui est au front de taille à taper comme il le peut sur le conglomérat pour le briser implore qu’on le sorte de là, il ne reste plus aux deux autres qu’à unir leurs efforts et le tirer par les pieds, avec sa brassée de pierres dégagées – car il n’est pas question de faire un voyage en revenant les mains vides !

Dure réalité de la désobstruction avec son lot de coups sur les doigts et les jurons qui s’en suivent, le doute sur les possibilités de suite, et la certitude que si l’on nous y obligeait, on ne le ferait pas.

Mais aussi le regard inquisiteur à l’affût du moindre agrandissement du boyau, là-bas loin devant. Dans l’espoir du caillou minuscule attrapé du bout des doigts, qui laissera place à un énorme vide, avec cet écho se perdant dans les kilomètres de réseau, là, juste derrière un coude de la galerie… Bref, comme pour tous les spéléos : le muscle, la tête, l’espoir, la passion et un brin de folie.

La chatière prend forme peu à peu, étroit couloir de roche sinueux. Ce n’est qu’au bout de plusieurs heures et sept mètres de désobstruction, après de multiples relais et d’incessants va et vient qu’Eliette plus mince, au prix d’énergiques contorsions, finit par forcer l’étroiture et déboucher dans un évasement qui lui permet de se relever. Au-delà la galerie s’étire quelques mètres encore à l’horizontale. Elle poursuit donc son avancée et enfin… l'inespéré ! Elle arrive sur un promontoire, avec un grand vide sous les pieds…

Jean-Marie et Christian sont impatients de poursuivre l’exploration. Sachant pertinemment qu’ils ne passeront pas car plus corpulents qu’elle, Eliette replonge à leur rencontre dans la chatière et enlève à la massette et au poinçon le maximum d’aspérités pour leur permettre de franchir à leur tour ce dernier verrou. Après plusieurs tentatives, ils finissent par la rejoindre laissant au passage un peu de peau et de sang dans l’étroiture à peine assez large pour eux.

Après 7 mètres de boyau étroit, évasement final


(…)

Retour dans la grotte avec Carole (fille d’Eliette), qui raconte :

Ils sont arrivés les traits tirés, et m’ont annoncé d’une voix atone qu’ils avaient trouvé une grotte « pire que Lascaux ».
« On n’a pas fini l’explo, on est tombé en panne de lampes ».

… Nous sommes donc repartis, tous entassés dans une C15. Les lampes sont munies de piles neuves, nous endossons les kits et quittons le parking de l’Auberge du Pont-d’Arc, nous engouffrant dans les bois en file indienne pour suivre le sentier escarpé et glissant, dans la nuit de décembre.

(…)

… On se retrouve brutalement projeté dans un ailleurs inconnu, sans plus de repère dans l’espace, ni dans le temps…
… Il est plus de minuit lorsque nous ressortons de la cavité, comme poussés par un sentiment d’urgence… Trop d’émotions…


Et l’impression d’avoir réveillé un je-ne-sais-quoi dans la grotte.
Une présence, comme confinée depuis des millénaires et qui nous aurait suivis du regard.
Le sentiment d’oppression cède peu à peu.

(…)

Arrivés à l’air libre, alors que nous entassons machinalement les cailloux pour masquer la chatière, l’évidence nous frappe de plein fouet.
Nous venons de pénétrer dans un espace inviolé depuis des dizaines de milliers d’années.
Un sanctuaire intact. Un site hors norme qui a miraculeusement traversé les millénaires dans des conditions optimales de préservation.
Tout ce que nous avons vu nous donne matière à réflexion sur les possibilités infinies d’étude du site et sur la responsabilité qui pèse sur nous en tant qu’inventeurs.

Nous sommes devenus le « premier maillon » d’une chaine invisible, « lien » entre nos ancêtres, notre passé, et les générations futures, l’avenir.

La priorité est d’en assurer une mise en sécurité draconienne.

(…)

Retour le week-end suivant avec nos invités.

Nous retournons à la grotte le samedi suivant, 24 décembre, afin de mettre en place un balisage du sol avant la déclaration officielle.

Dans la semaine, encore débordants d’émotions, nous avions fait part, sous le sceau du secret, de notre découverte à Jean-Louis Payan ami d’enfance de Jean-Marie, ainsi qu’à deux autres copains spéléologues, Michel Chabaud et Daniel André. Bien sûr ils veulent voir, et nous les convions donc à une visite privilégiée, à titre exceptionnel.

(…)

Nos invités sont sous le choc et ne cessent de nous remercier de leur avoir « offert » un si beau et inespéré cadeau de Noël en les invitant.

(…)

Après avoir déroulé près de 500 mètres de lés de plastique pour protéger la grotte et accueillir les autorités et scientifiques qui allaient immanquablement investir les lieux, et après avoir pris des précautions de Sioux pour ne pas nous faire repérer dans nos allées et venues notamment par les chasseurs en pleine période de battues aux sangliers, nous déclarons notre découverte aux autorités. La chatière a été soigneusement rebouchée et même camouflée avec la poussière qui s’est accumulée dans le vestibule au cours des années.

C’est ainsi que le matin du 29 décembre 1994, après leur avoir longuement à eux aussi raconté notre incroyable découverte, nous guidons à leur tour Jean Clottes à l’époque conseiller scientifique du ministère de la Culture pour tout ce qui a trait à l’art préhistorique, Jean-Pierre Daugas conservateur général à la DRAC Rhône-Alpes, et Bernard Gély en charge de l’archéologie du département de l’Ardèche.

29 décembre 1994 : J-M Chauvet en compagnie des experts - photo Eliette Brunel/Christian Hillaire

(…)

Copyright Brunel/Chauvet /Hillaire 2014


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